Offrir un rabais contre un avis Google : ce que disent la politique et la loi au Canada

Offrir un rabais contre un avis Google enfreint la politique de Google et expose l'entreprise à des risques légaux au Canada. Voici les règles à connaître.

Un client termine son rendez-vous, vous êtes content du résultat, et l'idée vous vient : « Si vous me laissez un avis 5 étoiles, je vous fais 10% de rabais sur votre prochaine visite. » L'offre semble anodine, presque généreuse. Elle enfreint pourtant les règles de Google sur les avis, et selon la façon dont elle est présentée, elle peut aussi poser un problème du côté de la Loi sur la concurrence. Voici ce que dit chacune de ces deux sources, et comment demander un avis sans s'exposer à rien.

Pourquoi Google refuse-t-il les avis obtenus contre un rabais?

Parce que la politique de Google interdit explicitement d'offrir de l'argent, un rabais, un produit gratuit ou tout autre avantage en échange d'un avis, peu importe si vous demandez un avis positif ou simplement « un avis ». La règle ne fait pas de distinction entre un gros cadeau et un petit rabais symbolique : dès qu'une compensation est proposée en lien avec un avis, la ligne est franchie. Google explique cette position par une raison assez simple : un avis motivé par une récompense ne reflète plus l'expérience réelle du client, il reflète surtout l'attrait du rabais. Une fiche remplie d'avis de ce genre finit par mentir aux futurs clients qui la consultent pour se faire une idée honnête d'un commerce.

Cette politique s'applique à votre fiche Google Business Profile, qu'il s'agisse d'un salon, d'une clinique ou d'un restaurant. Elle vaut aussi bien pour une offre faite en personne à la caisse que pour un message automatisé envoyé après la visite : le moyen utilisé pour proposer l'échange ne change rien à la règle.

Que dit la loi canadienne sur les avis payés ou incités?

Au fédéral, la Loi sur la concurrence interdit les représentations fausses ou trompeuses faites au public pour promouvoir une entreprise ou un produit, et elle contient une disposition qui vise précisément les témoignages : une entreprise ne peut pas présenter un témoignage à moins qu'il n'ait été donné au préalable, par écrit, et que la représentation en reflète fidèlement le contenu. Un avis en ligne fonctionne essentiellement comme un témoignage public, et un avis payé pour être positif s'éloigne justement de ce que la personne penserait avoir écrit sans compensation. En 2022, le gouvernement fédéral a resserré les pénalités administratives prévues pour les pratiques commerciales trompeuses en général, ce qui rend le risque financier plus concret qu'avant pour une entreprise qui se ferait prendre.

Le Bureau de la concurrence, l'organisme fédéral responsable d'appliquer cette loi, a indiqué publiquement que les avis faux ou obtenus par une compensation font partie des pratiques commerciales qu'il surveille de près. Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur ajoute sa propre interdiction des représentations fausses ou trompeuses faites à un consommateur, ce qui donne une deuxième porte d'entrée provinciale au même genre de problème. Rien de tout ça n'est une opinion juridique personnalisée : si votre entreprise a déjà offert ce genre de rabais et que vous voulez savoir où vous en êtes, un avocat qui connaît le droit de la consommation reste la bonne ressource, pas un article de blogue.

Qu'est-ce que le tri des avis, et pourquoi Google l'interdit aussi?

Le tri des avis, ou « review gating » en anglais, consiste à demander un avis seulement aux clients satisfaits et à rediriger les clients insatisfaits vers un formulaire privé plutôt que vers Google. Ça ressemble à une bonne idée de gestion : pourquoi exposer publiquement une plainte qu'on pourrait régler en privé? Le problème, c'est que ce tri fabrique une fiche qui ne montre que les meilleures expériences, ce qui trompe autant qu'un rabais offert en échange d'un avis positif. Google interdit cette pratique pour la même raison qu'il interdit la compensation : les deux méthodes produisent une fiche qui ne représente plus l'ensemble réel des expériences clients.

La bonne façon de gérer une insatisfaction reste de répondre publiquement à l'avis négatif, avec calme et sans se justifier à outrance, plutôt que d'empêcher ce client de laisser un avis du tout. Une fiche avec deux ou trois avis mitigés parmi 80 avis positifs authentiques inspire généralement plus confiance qu'une fiche parfaite qui semble trop belle pour être vraie.

Que risque un commerce qui contourne ces règles?

Du côté de Google, les conséquences vont du retrait des avis concernés jusqu'à la suspension complète de la fiche d'établissement, ce qui fait disparaître le commerce des résultats de recherche locaux et de Maps pendant que le dossier est traité. Une fiche suspendue ne reçoit plus d'appels ni de visites générés par une recherche Google, ce qui touche directement le chiffre d'affaires d'un commerce qui dépend de la visibilité locale. Du côté légal, une pratique jugée trompeuse peut mener à des pénalités administratives et, dans les cas les plus sérieux, à des poursuites, en plus du dommage de réputation si l'histoire circule sur les réseaux sociaux ou dans les médias locaux.

Le risque le plus fréquent en pratique n'est pas une poursuite spectaculaire : c'est la suspension d'une fiche Google, souvent après qu'un concurrent ou un client mécontent l'a signalée. Cette conséquence arrive plus vite qu'on pense, et elle est difficile à renverser rapidement, car une fiche suspendue exige habituellement une demande de réintégration formelle et un délai avant de redevenir visible.

Comment demander un avis Google sans rien offrir en échange?

La méthode qui fonctionne, et qui est aussi la seule permise, consiste à demander le même avis à tous les clients, sans distinction et sans récompense. Après une visite ou un service complété, un message par courriel ou par texto demande simplement si le client accepterait de partager son expérience sur Google, avec un lien direct vers la fiche pour éliminer les étapes inutiles. Le message ne mentionne aucun rabais, aucun tirage au sort et aucune récompense, peu importe la forme. On envoie cette demande à tout le monde, qu'un client semble avoir adoré le service ou qu'il soit resté plus neutre : c'est justement cette absence de tri qui rend la fiche fiable.

C'est le processus que notre service de gestion de la réputation met en place pour les clients de SIB : une demande automatisée, identique pour chaque client, sans compensation d'aucune sorte, avec un suivi sur les avis qui arrivent et une réponse publique à ceux qui demandent une réponse. Le moment choisi compte aussi : une demande envoyée juste après le service, pendant que l'expérience est encore fraîche, obtient une meilleure réponse qu'un rappel générique envoyé une semaine plus tard dans une infolettre.

Que faire si un client insiste pour vous « remercier » avec un avis?

Remerciez-le pour l'intention, mais refusez poliment de transformer ça en échange formel. Vous pouvez dire quelque chose comme : « Je vous remercie beaucoup, mais je préfère ne rien offrir en lien avec un avis, ça garde les choses honnêtes pour tout le monde qui consulte notre fiche. » La plupart des clients comprennent très bien cette réponse et laissent l'avis de toute façon, simplement parce qu'ils ont apprécié le service. Ce qui doit rester séparé, c'est le geste commercial (un rabais fidélité, un programme de points, une carte-cadeau pour un anniversaire) et la demande d'avis : les deux peuvent exister dans la même entreprise, tant qu'ils ne sont jamais présentés comme un échange l'un contre l'autre.

Un rabais lié explicitement à un avis reste risqué même si vous l'offrez après coup, une fois l'avis déjà publié, plutôt qu'avant. Le lien entre les deux gestes est ce qui pose problème, pas seulement l'ordre dans lequel ils arrivent.

Rédigé avec l'aide d'outils d'IA, vérifié et publié par Marven Salgado.

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