Relance des prospects : le délai de réponse qui fait perdre des soumissions

Comment mesurer votre propre délai de réponse aux prospects à partir de votre CRM, fixer une cible réaliste et automatiser le premier contact.

Un propriétaire de PME qui reçoit une demande de soumission suppose souvent qu'il répond assez vite. Le problème, c'est que « assez vite » se mesure rarement, alors que le prospect, lui, compare en général plusieurs fournisseurs en même temps. Le premier qui répond de façon utile garde souvent une longueur d'avance, peu importe la qualité du travail livré ensuite. Voici comment j'aide un client à mesurer son propre délai de réponse à partir de ses données existantes, avant de toucher à quoi que ce soit d'automatisé.

Pourquoi un délai de réponse trop long fait-il perdre des soumissions?

Parce qu'un prospect qui remplit un formulaire ou qui appelle une entreprise de services fait rarement une seule demande. Il contacte souvent deux ou trois fournisseurs le même jour, puis avance avec celui qui lui répond en premier avec une information utile, pas nécessairement celui qui offre le meilleur prix. Un rappel deux jours plus tard arrive après que le prospect a déjà choisi quelqu'un d'autre, et l'entreprise ne sait même pas qu'elle vient de perdre une occasion, puisque rien ne distingue un prospect perdu par lenteur d'un prospect qui n'était simplement pas sérieux.

Comment mesurer son propre délai de réponse actuel?

En comparant, pour chaque lead des dernières semaines, l'heure de la demande initiale avec l'heure du premier contact réel de l'entreprise. La demande initiale, c'est l'horodatage du formulaire web, du courriel reçu ou de l'appel manqué. Le premier contact réel, c'est le moment où quelqu'un dans l'entreprise a rappelé, répondu par courriel ou écrit dans le clavardage du site, pas le moment où le prospect a été ajouté au tableur. La plupart des CRM et des formulaires web gardent ces deux horodatages quelque part; le travail consiste surtout à les sortir côte à côte pour un échantillon d'une trentaine de demandes.

Pourquoi utiliser le délai médian plutôt que la moyenne?

Parce qu'une moyenne se laisse fausser par un ou deux cas extrêmes qui ne représentent pas la réalité courante. Une demande reçue un vendredi soir et traitée le lundi matin peut ajouter à elle seule plusieurs heures à une moyenne calculée sur trente demandes, alors que la majorité des prospects ont peut-être été contactés en moins de vingt minutes. Le délai médian, soit le chiffre qui se trouve exactement au milieu quand on trie toutes les demandes du plus rapide au plus lent, donne une image plus honnête de ce qui arrive à un prospect typique.

Que faire si vous n'avez pas encore de CRM?

Sortir les deux mêmes horodatages de ce que vous utilisez déjà, même si ce n'est qu'une boîte de courriels partagée et un registre d'appels. Une entreprise qui fonctionne avec une boîte Gmail et un cahier de rendez-vous papier peut quand même bâtir l'échantillon : l'heure de réception du courriel devient la demande, et une note du moment où quelqu'un a rappelé ou répondu devient le premier contact. C'est plus long à assembler que d'exporter un rapport depuis un CRM, mais la mesure elle-même ne demande aucun nouvel outil, seulement l'habitude de noter quand une demande arrive et quand quelqu'un y répond.

Faut-il compter les soirées et les fins de semaine dans le calcul?

Seulement si l'entreprise a vraiment l'intention de répondre pendant ces plages, sinon le calcul donne une fausse image du problème. Une demande reçue un samedi à 22 h et traitée le lundi matin n'est pas nécessairement un échec de service si l'entreprise n'ouvre pas la fin de semaine, à condition que le prospect le sache dès le départ, par exemple grâce à un message automatique qui précise le prochain moment où quelqu'un pourra répondre. Le calcul le plus utile sépare donc les demandes reçues pendant les heures ouvrables de celles reçues en dehors, pour éviter qu'une poignée de demandes du dimanche soir ne gonflent artificiellement le délai médian d'une entreprise qui, en semaine, répond très rapidement.

Comment savoir si le délai fait vraiment perdre des clients?

En comparant le taux de conversion des demandes selon le temps qu'il a fallu pour y répondre, pas seulement le délai lui-même. Une fois l'échantillon de demandes classé avec son délai de réponse, il suffit d'ajouter une colonne indiquant si chaque prospect est devenu client ou non, puis de regrouper les demandes en quelques blocs, par exemple sous quinze minutes, entre quinze minutes et deux heures, et plus de deux heures. Si le taux de conversion du premier groupe est nettement plus élevé que celui des deux autres, le délai de réponse explique une partie réelle des soumissions perdues, et pas seulement un sentiment général du propriétaire. Si les trois groupes se ressemblent, le problème se trouve probablement ailleurs, dans le prix ou la qualité de la proposition elle-même.

Quel délai viser une fois le chiffre en main?

Un délai que l'entreprise peut respecter de façon constante, fixé à partir de son propre délai médian plutôt qu'à partir d'un chiffre choisi au hasard. Pour une PME de services qui reçoit ses demandes pendant les heures d'ouverture, viser une réponse dans l'heure suivant la demande est un objectif réaliste pour la majorité des créneaux, avec un délai plus long accepté seulement en dehors des heures ouvrables. Aucun chiffre vérifié n'existe pour ce secteur en particulier, alors la cible utile est celle que l'équipe peut atteindre presque tout le temps, avec un suivi régulier de l'écart entre la cible et la réalité.

Qui devrait être responsable du premier contact?

Une seule personne identifiée à la fois, avec un remplaçant clair pour les absences, plutôt qu'une boîte de réception partagée où chacun suppose que quelqu'un d'autre va répondre. Dans plusieurs PME, une demande tombe dans une adresse courriel générale que trois personnes surveillent en théorie, ce qui veut dire en pratique que personne ne se sent vraiment responsable de la traiter dans l'heure. Nommer une personne responsable du premier contact pour chaque plage horaire, avec un remplaçant désigné pour les vacances ou les jours de maladie, règle ce genre de trou dans la couverture sans ajouter de personnel.

Que faire une fois la cible fixée?

La rendre visible et mesurable pour la personne qui répond aux demandes, pas seulement pour le propriétaire. Un objectif qui reste dans la tête du propriétaire ne change rien au comportement quotidien de la réceptionniste ou du représentant qui traite les demandes. Je recommande à mes clients d'afficher le délai médian de la semaine précédente à un endroit que l'équipe voit régulièrement, et de revoir ce chiffre chaque semaine plutôt qu'une fois par trimestre, pour repérer rapidement une dérive avant qu'elle ne devienne une habitude.

Comment automatiser le premier contact sans perdre le côté humain?

En séparant clairement l'accusé de réception automatique du vrai suivi personnalisé. Un courriel ou un texto automatique envoyé dans les minutes suivant une demande confirme au prospect que sa demande a bien été reçue et donne une idée du délai avant le prochain contact; ce message ne remplace jamais l'appel ou le courriel personnalisé qui suit, il achète simplement du temps pendant que quelqu'un se libère pour répondre correctement. Mon accompagnement en CRM et gestion des leads part de cette distinction : automatiser la reconnaissance immédiate d'une demande, puis router celle-ci vers la bonne personne selon des règles claires, sans jamais faire croire au prospect qu'une réponse complète a déjà été donnée.

Quelles données garder pour suivre le progrès dans le temps?

Le même couple d'horodatages, demande et premier contact, pour chaque prospect, classé par source si l'entreprise en a plusieurs. Un tableau simple avec la date, l'heure de la demande, l'heure du premier contact et la source suffit pour calculer le délai médian chaque semaine, sans avoir besoin d'un outil compliqué. Cette même donnée sert aussi à repérer si un canal en particulier, comme les appels reçus après la fermeture, traîne systématiquement plus que les autres, ce qui indique où ajouter une automatisation en priorité plutôt que de tout changer d'un coup.

Rédigé avec l'aide d'outils d'IA, vérifié et publié par Marven Salgado.

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